mardi 23 novembre 2010

Weekend dans le sud de l'Irlande

A la fin de mon dernier séjour dans le sud de l'Irlande pour le travail, le propriétaire du Bed & Breakfast où j'ai logé à chacun de mes séjours m'a offert de venir passer un weekend à deux gratuitement. Jeff et moi avons donc profité d'un lundi férié pour y passer un long weekend.
L'automne était déjà bien avancé mais le sud-est de l'Irlande est vraiment la côte d'azur du pays et nous avons donc eu la chance d'avoir un weekend relativement froid mais très lumineux!
Sur la route vers Rosslare, nous nous sommes arrêtés à Enniscorthy pour une pause culturelle: la ville a été un centre de la tentative de révolution irlandaise contre la dominance et la monarchie anglaise (les Français avaient même essayé de les aider, pour embêter les Anglais bien sûr!). La ville en elle-même n'a plus grand-chose d'intéressant mais le musée qui retrace l'histoire de ces évènements est vraiment très bien fait!

Arrivés à Rosslare, j'ai évidemment emmené Jeff à Carnsore voir le site où j'ai fait mon expérience: pas pour voir mes cuvettes, j'en suis pas là, mais parce que la côte est très belle; j'ai même revu mes copines locales!




Un autre point de la côte très joli est le village de Kilmore Quay, à l'ouest de Carnsore, où de nombreuses maisons ont encore des toits faits de chaume locale: ils utilisent les feuilles de plantes marines qui forment parfois des zones tellement denses que l'on parle d'herbier marin. A ne pas manquer, pour la décoration plus que la gastronomie, le Kehoe's pub: ambiance marine assurée avec les tables faites de portes de bateau à hublots, des cloches et des barres à l'ancienne… et le feu de cheminé pour être bien au chaud!

Pour ce qui est de la gastronomie, car il s'agissait d'un weekend culturel au sens large, nous avons d'abord dîné au Lobster Pot, le pub 'gastro' où je m'arrêtais pour reprendre des forces en rentrant du terrain! Là aussi, ambiance marine mais avec de délicieuses noix de St Jacques en plus! Le dimanche, nous avons passé l'après-midi à Wexford, où se tenait un festival d'opéra apparemment assez réputé. Comme je l'ai appris trop tard, tous les concerts étaient déjà complets. Par contre, de nombreuses autres activités sont organisées en parallèle. En se baladant dans les rues, nous avons pu voir quelques galeries d'art ouvertes pour l'occasion, une expo photo dans un pub et, pour l'apéro, nous avons assisté à un concert esprit 'improvisé': cinq guitaristes, l'un d'entre eux jouant aussi de l'harmonica, s'accompagnaient les uns les autres! Tout cela évidemment arrosé de Guinness!!

samedi 13 novembre 2010

Rugby

Le fait d'habiter en Irlande et notamment à Dublin nous permet de participer à de nombreuses activités auxquelles nous n'avions pas accès à Roscoff. Notamment, le fait d'assister à des matchs de rugby. En octobre, j'ai ainsi pu assister à mon premier match de rugby. Il s'agissait de la rencontre entre Leinster et le Racing Metro (L'équipe de Dublin et une équipe de Paris respectivement, pour les non-amateurs de rugby). Depuis que nous sommes arrivés à Dublin, Jeff avait très envie d'assister à un match de son sport favori. Mon seul problème est que je ne suis pas capable de regarder un match 'pour la beauté du jeu'. J'ai donc demandé à Jeff de nous trouver un match impliquant une équipe française, de préférence avec un joueur dont j'ai déjà entendu parlé (je sais, mon répertoire n'étant pas très large, cela restreint le choix!). Finalement, j'ai été tout à fait satisfaite puisqu'il se trouve que Sébastien Chabal, joueur emblématique s'il en est, fait partie de l'équipe du Racing Metro!! Le match n'avait pas lieu au grand stade de Lansdowne Road mais au Royal Dublin Society Arena (RDS pour les locaux); il s'agit en fait du même terrain où a eu lieu le concert de Paul McCartney, ce qui m'allait très bien pour un premier match: même en étant installés assez haut dans les tribunes, nous étions suffisamment près pour ne pas dépendre constamment du grand écran. L'ambiance était très agréable: des groupes d'amis, des familles avec des enfants…les supporters de rugby sont bien plus agréables et fairplay que ceux du football, ce qui me convient tout à fait.

Aujourd'hui, en profitant de la visite de Mathieu et de Marine, nous avons répété l'expérience en allant voir un match amical entre l'Irlande et les îles Samoa qui a eu lieu à Lansdowne Road.C'est en fait la possibilité de voir un match dans ce stade qui a décidé notre choix plus que les équipes.
J'avoue que ce stade est assez impressionnant: une belle œuvre d'architecture moderne. Même situés tout en haut des tribunes, nous avions une très bonne visibilité. Ce match a apporté une autre 'première' puisque j'ai également assisté à mon premier Haka! Par contre, je dois dire que j'étais bien moins intéressée par l'enjeu du match…. Comme il faisait bien plus froid qu'en octobre, j'avoue que j'avais surtout envie d'être au chaud sur mon canapé!


Le prochain rendez-vous est pour le 18 décembre, pour le match Leinster-Clermont, de nouveau à Lansdowne Road: il y fera encore plus froid mais je devrais être un peu plus motivée… Aller Clermont!! ;-)

dimanche 29 août 2010

Un peu de travail...

Depuis que je suis partie à Dublin, certains d'entre vous se demandent peut-être ce que je suis venue y faire. Alors que mon travail à St Andrews avait lieu au laboratoire, j'ai réalisé ici une étude expérimentale sur le terrain. Sur une zone rocheuse qui se trouve à la pointe sud-est de l'Irlande, appelée Carnsore, des cuvettes artificielles ont été créées dans la roche pour y réaliser des expériences en milieu naturel. Les cuvettes sont des zones rocheuses qui restent immergées dans l'eau de mer à marée basse, ce qui permet à des espèces qui ne supportent pas l'émersion de survivre pendant toute la durée de la marée basse. Dans mon cas, il s'agissait de recréer des assemblages d'algues en sélectionnant les espèces parmi celles naturellement présentes sur cette zone. Ceci permet de distinguer le rôle des différentes espèces individuellement et lorsqu'elles sont ensembles.
En parallèle, je voulais également comprendre le rôle du biofilm rocheux, c'est-à-dire un mélange de microalgues, bactéries et autres organismes microscopiques qui tapissent toute surface rocheuse. Parce que la composition de ce biofilm peut varier en fonction de la présence des autres organismes, notamment des (macro)algues, j'ai combiné la présence de mes différents assemblages d'algues avec la présence ou non de ce biofilm. Évidemment, le biofilm est présent par nature: il fallait donc que je l'élimine de certaines cuvettes, ce que j'ai réalisé en brulant la surface des cuvettes à l'aide d'un chalumeau. Je dois dire qu'entre la fixation des grillages sur lequel sont attachées les algues (perçage de la roche pour y installer les chevilles dans lesquelles sont fixées des vis), l'assemblage de la pompe me permettant de vider les cuvettes et l'utilisation du chalumeau, je n'ai jamais autant fréquenté les boutiques de bricolage!
Après avoir installé toutes mes algues en juillet (il a fallu s'y prendre à deux fois, une tempête ayant arraché tout ce que j'avais attaché la première fois!), j'ai pu réaliser l'expérience en elle-même la semaine du lundi 9 au lundi 16 août (et oui, pas de répit pendant le week-end, la marée n'étant pas du tout familière avec ce concept!). Un jour le 'traitement' d'un tiers de mes 36 cuvettes (destruction ou non du biofilm) et le lendemain les mesures d'oxygène sur ces mêmes cuvettes: ceci me permet de mesurer la photosynthèse et la respiration de tout ce qui se trouve dans mes cuvettes et ainsi de comprendre le rôle des différentes macroalgues et de ce fameux biofilm pour le fonctionnement de l'écosystème. Moi qui avait l'habitude de travailler juste en face de la Station Biologique de Roscoff, cette étude représentait une vrai expédition puisque le site est à deux heures de route de l'Université de Dublin. Je suis donc partie avec un van de l'université, accompagnée de différents collègues (technicienne du laboratoire, autre post-doc, étudiantes en thèse et stagiaires) qui se sont succédés pendant la semaine pour que l'on soit toujours quatre personnes sur le terrain. La semaine fut assez intense et j'ai au moins eu la chance d'avoir la météo de mon côté. Nous avons logé dans un B&B toute la semaine, avec petit déjeuné de compétition pour affronter les quatre ou cinq heures de travail non-stop de chaque jour, la durée d'émersion de mon site étant de six heures maximum. Finalement, après quelques contretemps que j'ai réussi à compenser (notamment le chalumeau qui tombe dans l'eau de mer…), j'ai réussi à réaliser toute ce que j'avais prévu pour être de retour le lundi soir à l'université, complètement lessivée mais satisfaite d'avoir réalisé cette étude assez ambitieuse!

samedi 26 juin 2010

Blackrock: notre quartier à Dublin


Jeff et moi nous sommes très vite installés dans notre nouvel appartement. Il est malheureusement plus petit que celui que nous avions à Roscoff mais, après quelques jours d'ajustement, nous avons trouvé notre nouvelle organisation. Nous avons également rapidement trouvé nos marques dans notre nouveau quartier. Il s'agit d'un ancien village de bord de mer à présent inclus dans l'agglomération de Dublin. Ce quartier est très agréable car il a gardé la configuration d'un petit village avec son centre de petits commerces, de pubs et quelques restaurants. Il a également l'avantage d'être situé sur la ligne du DART, le train qui relie toute la côte sur un rayon d'une vingtaine de kilomètres au centre de Dublin. Enfin, il y a un bus qui me permet d'aller à l'université en 10 minutes. Nous pouvons faire nos courses à pied, aller au centre-ville en 15 minutes et aller prendre un verre le vendredi soir (il faut adopter les coutumes locales!) au coin de la rue. Nous avons également trouvé un restaurant/bar de nuit à quelques pas de chez nous où nous prenons des cours de salsa le mercredi soir: une heure de cours suivi d'un peu plus d'une heure de 'soirée' pour pratiquer la leçon du jour! Je suis évidemment ravie et Jeff se débrouille très bien, je pense même qu'il finira par y prendre plaisir lorsqu'il maitrisera mieux tous les pas.

Au revoir St Andrews, Dublin me voilà!

Après presque 4 mois passés à St Andrews, le jour de mon départ est finalement arrivé: il était prévu pour le dimanche 25 Avril. La fin de mon séjour à Dublin est arrivé juste au moment où je commençais vraiment à m'y plaire: à l'exception de l'éternel problème du logement, j'avais pris mes habitudes en ville, je m'entendais vraiment bien avec les collègues au labo et je venais de découvrir à quel point l'Ecosse mérite d'être visitée! Cela faisait presque 4 mois que j'avais quitté Roscoff, mais le vrai déménagement allait seulement commencer.
Tout d'abord, je suis partie pour Dublin pour trouver un appartement. Je suis arrivée avec deux visites prévues pour le lundi, puis j'ai obtenu un rendez-vous le mardi matin suivi d'une réunion avec mon Chef et enfin trois visites le mercredi: après toute cette marche à travers les quartiers entourant l'université, j'étais épuisée. Mais cela a fini par payer puisqu'à l'avant-dernière visite j'ai enfin trouvé notre bonheur! Quel soulagement: j'étais un peu angoissée de ne pas réussir à trouver un appartement en une semaine. Je pouvais ensuite me concentrer sur la location du van (2.5 m de haut, 5 m de long): départ avec le van vide le samedi suivant, direction Cork pour prendre le ferry vers Roscoff. J'avoue avoir été agréablement surprise de la facilité avec laquelle je me suis faite à la conduite d'un si grand van et surtout avec la conduite à gauche! Vers 17h, j'ai pu embarquer sur le Pont-Aven, et enfin me détendre un peu en m'installant face à la mer avec un mojito et mon tricot jusqu'au dîner. Je suis arrivée à Roscoff le lendemain matin à 7h, et je me suis dirigée directement vers la Maison du Boulanger pour retrouver les bons croissants français! Jeff et moi avons ensuite passés la journée à finir les derniers cartons et à charger le van avec plusieurs amis du théâtre et de la station (un grand merci à tous!!). Le lendemain, il a fallu nettoyer tout l'appart: j'ai cru que je n'allais jamais cesser de frotter. Quand nous sommes finalement arrivés à bout du nettoyage, nous sommes allés prendre un dernier verre avec quelques amis et un dernier dîner à 'L'Écume des jours' pour partir avec un dernier goût de la France en mémoire. Le lendemain matin, nous sommes partis pour Cherbourg où nous avons pris le ferry: Il n'y a rien à faire, l'Irish Ferry n'a pas le standing de la Brittany Ferries! Nous sommes arrivés le lendemain en début d'après-midi à Rosslare, au sud-est de l'Irlande et à l'appart après 2h30 de route. Après avoir vidé le van en deux heures (grâce à l'ascenseur tout de même) nous étions bien heureux d'avoir reçu de l'agence immobilière un bon pour une pizza gratuite! Voilà, six mois après avoir obtenu mon poste, nous étions enfin installés à Dublin: il n'y avait plus qu'à vider tous les cartons!!

mardi 25 mai 2010

Weekend touristique en Écosse: Pitlochry 2/2

Le dimanche matin, je me suis donc levée toute décidée à repartir à Pitlochry pour compléter ma visite du coin. Cette fois, une amie s'est jointe à moi et nous avons quitté St Andrews en fin de matinée. Cette fois, pas de soucis pour traverser Cupar: j'ai retrouvé mon chemin malgré la déviation de mémoire!

Ne voulant pas rater la visite de la distillerie une deuxième fois, nous nous y sommes rendues dès notre arrivée à Pitlochry. Le site est vraiment très joli et le début de printemps laissait prévoir un cadre encore plus charmant lorsque toutes les fleurs seraient apparues. La visite de la distillerie d'Edradour' commence par une dégustation de leur cuvée 'classique' ainsi qu'un petit film sur le processus de fabrication. Nous avons ensuite pu voir différentes sales, notamment les alambiques qui sont les plus petits utilisés (légalement) en Ecosse, sentir la bière qui est distillée pour obtenir le whisky enfin apprendre la différence entre un 'pur malt' et un mélange! Je ne suis pas une grande fan de whisky moi-même, mais j'ai tout de même voulu en goûter quelques un pour me rendre compte des différences. Evidemment, j'ai surtout choisi la bouteille que j'ai acheté pour Jeff à partir des recommandations du guide… La journée était tout aussi belle que la veille. Après la visite, nous sommes donc restées sur le site de la distillerie pour manger notre pique-nique au soleil avant de nous diriger vers le château de Blair.

La propriété du château de Blair est assez impressionnante: l'entrée se fait par une belle grille en fer forgé, puis l'on suit une allée de grands arbres jusqu'à arriver au parc situé devant le château. Le parc est d'ailleurs tellement grand qu'il est possible de venir s'y promener sans visiter le château. La visite se fait sans guide mais avec des fiches explicatives dans chacune des pièces…je crois que Michella et moi avons été trop bonnes élèves: nous avons lu tous les panneaux à tel point qu'au bout d'un moment, les guides fermaient chaque pièce derrière nous! Il faut dire que le château est assez grand et la partie réservée à la famille ne représente qu'une petite partie. La visite est très intéressante car elle permet d'apprendre de nombreux aspect de ce qu'a pu être la vie quotidienne pendant quelques centaines d'années dans une telle demeure. Notre visite ayant durée assez longtemps, nous n'avons pas pu vraiment profiter du parc avant de repartir: encore une fois, la limite fatidique des 17h nous rappelant les différences de rythme de vie avec le sud de l'Europe!!

Finalement, après un dernier thé à Pitlochry, nous nous sommes décidées à reprendre la route pour ne pas arriver trop tard cette fois à St Andrews. Du coup, nous avons pu profiter des lumières de la fin de journée pendant tout le trajet: je n'aurais pas pu espérer mieux pour terminer ce weekend touristique qui avait presque pris des allures de vacances!

dimanche 23 mai 2010

Weekend touristique en Écosse: Pitlochry 1/2

Au bout de trois mois passés à St Andrews sans vraiment sortir de la ville je me suis enfin décidée à louer une voiture pour visiter un peu l'Écosse. Je suis donc allée faire un petit tour à l'office de tourisme de St Andrews où l'on m'a recommandé d'aller du côté de Pitlochry. C'est une petite ville au nord-est de St Andrews, à une bonne heure et demie de route, juste avant le début des Highlands. J'ai donc loué une voiture du vendredi après-midi au lundi matin, avec une grande première pour moi: la conduite à gauche! J'avais quelques appréhensions, plus sur le fait d'être du 'mauvais' côté de la chaussée que d'avoir le changement de vitesse à la main gauche. Finalement, passées les premières intersections où je me répétais plusieurs fois de rester à gauche, j'ai fait mon premier trajet de 20 minutes sans aucun soucis. A l'office de tourisme, je m'étais équipée d'une carte routière de l'Ecosse et d'un guide de la région de Pitlochry: j'avais donc eu l'occasion pendant la semaine de réfléchir à mon escapade. Beccy m'avait aussi prêté son GPS, pour être sûre que je ne me perde pas. Le vendredi soir, j'ai donc jeté un dernier coup d'œil sur la carte et j'ai revu mon planning pour le lendemain avant de me coucher!

Je me suis réveillée tranquillement le samedi matin, mais bien décidée à respecter mon planning. J'ai préparé le début de mon pique-nique et je suis partie sous un magnifique soleil (lunettes de soleil, manches courtes et fenêtres ouvertes, s'il-vous-plaît!) pour ma première destination: le centre-ville! Et oui, je n'avais pas grand-chose pour mon déjeuner. Je suis donc d'abord passée m'approvisionner en pain frais et fromage pour compléter le jambon de parme que j'avais déjà! C'est là que je me suis rendue compte que mon pique-nique aurait une autre allure si j'avais un couteau digne de ce nom, mais j'ai dû faire avec la vaisselle en plastique… Qu'importe, une fois les derniers détails logistiques réglés, je suis partie vers 11h direction Pitlochry.

Dès la sortie de St Andrews, la route touristique située au sud de l'estuaire de l’Ythan est très agréable: elle passe au milieu d'une campagne vallonnée de champs et de petits bois, avec la vue sur l'estuaire qui apparaît de temps en temps. Cette route traverse peu d'agglomérations, ou alors si petites qu'il n'y a pas à se poser de question sur la route à suivre. Sauf pour la toute première ville, à 20 minutes de St Andrews: la traversée de Cupar était d'autant plus compliquée que la rue que j'aurais dû emprunter était fermée pour travaux. Il y avait donc un itinéraire bis sans aucune indication de la direction à suivre. Alors que je pensais jusque là que le GPS n'allait pas me servir, j'ai changé d'avis avec les tours et détours que la déviation me faisait prendre. J'ai tout de même fini par retrouver mon chemin lorsque le GPS a compris qu'il fallait qu'il arrête d'essayer de me faire passer par la fameuse route barrée! Après ces 10 minutes de 'mise en bouche' de ma petite Ka et de découverte des petites rues résidentielles de Cupar, j'ai enfin retrouvé la nationale en direction de mon 'véritable' premier arrêt à 30 minutes de route, le magasin de tricot de Newburgh.

Après Cupar, j'ai gardé le GPS en marche mais c'était surtout par sécurité car la route était très bien indiquée. Je suis arrivée sans problème au magasin de tricot (Twist Fiber studio). J'ai tout de suite regretté d'avoir découvert le magasin si tard au cours de mon séjour à St Andrews: le magasin est très bien fourni, aussi bien en laines qu'en aiguilles et autres accessoires; on y trouve aussi des boutons (j'ai pu acheter les boutons pour les mitaines que je finissais tout juste) et tout un rayon de laine non tissée et d'accessoires permettant de tisser sa laine soi-même. J'y ai évidemment fais quelques achats de laine et de modèles pour moi, divers achats de laines et d'aiguilles pour les copines de St Andrews et un cadeau pour Stacy (de la laine de sa couleur préférée avec un petit métier à tisser à la main)… j'avais l'impression que j'étais partie pour acheter tout le magasin!! Du coup, je suis repartie au bout d'une heure, bien chargée et très contente de cet arrêt. Cette fois, j'étais vraiment partie pour une heure de route, à profiter du paysage jusqu'à Pitlochry.

Je suis arrivée vers 14h00 dans la jolie petite ville de Pitlochry. C'est une ville assez touristique, notamment à cause des deux distilleries de whisky qui s'y trouvent. On m'avait fortement recommandé d'aller visiter l'une d'entre elle, 'the Edradour distillery', car il s'agit de la plus petite distillerie d'Ecosse. Etant donné l'heure, je ne voulais pas faire une dégustation de whisky le ventre vide avant de reprendre la route pour mon arrêt touristique suivant. J'ai donc suivi les 20 minutes de route sinueuse de montagne au nord-ouest de Pitlochry, pour arriver à Queen's View Point. Il s'agit de l'un des points de vue les plus photographiés d'Écosse donnant sur un loch encaissé au fond d'une vallée. J'avoue avoir un peu serré les fesses en croisant les autres voitures sur la route: heureusement que je n'avais qu'une petite Ka et que j'ai l'habitude des routes de l'Aveyron! A mon arrivée, j'ai eu la mauvaise surprise d'arriver sur un parking payant…mais bon en bonne Française, j'ai réussi à truander en profitant de l'horodateur hors service! Armée de mon pique-nique et de mon appareil photos, je me suis donc dirigée vers le fameux point de vue: la photo donne malheureusement qu'une petite impression du spectacle. Il faisait tellement beau et chaud! J'étais bien contente de profiter de cette première journée estivale de l'année en faisant un pique-nique sur un rocher face à ce magnifique paysage: un petit coin de paradis terrestre!!

Après ce régal, je suis repartie vers Pitlochry et la fameuse distillerie. Le hasard fait parfois bien les choses puisque j'ai eu deux surprises à mon arrivée. La première, celle d'avoir raté le départ de la dernière visite. Je n'étais pas très contente d'apprendre que les sites touristiques ferment dès 16h, mais dans un pays où les gens dinent à 17h… La deuxième surprise, qui m'a vite fait oublié ma déconvenue, est celle de rencontrer un collègue Canadien de St Andrews et sa femme, également en weekend à Pitlochry. Ils venaient de terminer la visite et m'ont proposé de me joindre à eux: nous sommes allés voir si la deuxième distillerie était encore ouverte mais elle venait également de fermer. Du coup nous sommes allés nous promener autour de la ville: nous avons traversé le barrage hydroélectrique, vu 'l'échelle à saumon' _ vide en cette saison _ et nous avons trouvé un charmant pub/restaurant le long de la rivière. Nous avons pu profiter de la fin de cette belle journée ensoleillée un verre de vin à la main sur la terrasse située le long de la rivière! Ma journée qui avait déjà bien commencé ne faisait que s'améliorer puisque je n'aurais sûrement pas fait tout cela si je n'avais pas rencontré Graham et Angela. Je n'ai regretté qu'une seule chose: ne pas avoir prévu de rester à Pitlochry pour y passer la nuit. En effet, Graham et Angela m'ont proposé de me joindre à eux pour diner dans un Pub, McKays, où il y avait de la musique folklorique écossaise ce soir là. J'ai tout de même dîné avec eux malgré la perspective de la route de nuit, l'alternative du dîner chez les Dick étant battu à plate couture! D'ailleurs, je ne l'ai pas du tout regretté lorsque j'ai vu la viande annoncée sur la carte: du bœuf de race Angus d'origine locale, pendu 12 jours avant consommation! J'ai choisi un simple steak, mais quel steak: la meilleure viande de bœuf que j'avais eu l'occasion de manger depuis longtemps! Le tout dans un cadre très agréable, de la bonne musique et de bons cookies aux noix de pécan et butter scotch pour terminer! Finalement, après une très bonne soirée, il était déjà 23h quand je me suis décidée à rentrer à St Andrews. J'avais 1h30 de route de nuit devant moi. Pourtant j'en ai autant profité qu'à l'aller, accompagnée par la voix de Melody Gardot tout au long du trajet… j'ai même aperçu une biche sur le bord de la route!

Après cette belle journée, je n'avais qu'une envie: celle de repartir à Pitlochry pour visiter la distillerie ainsi qu'un château écossais voisin de la ville. Malgré mon arrivée tardive à St Andrews, j'ai donc mis mon réveil pour me préparer à une nouvelle journée touristique le lendemain!!

lundi 12 avril 2010

Avril: toujours à St Andrews

Mon travail à St Andrews s'est révélé être tout d'abord de la mise au point de méthode avant de pouvoir faire la manip espérée. La mise au point de méthode étant forcément accompagnée de tâtonnements et d'aléas, je n'ai pas pu finir mon travail à St Andrews pour la fin du mois de mars. Je reste donc toujours ici tout le mois d'avril, pour terminer la mise au point de méthode et de protocole: pour ce qui est de la manip en elle-même, je devrais la faire plus tard dans l'année soit à Dublin soit en revenant une quinzaine de jours à St Andrews après l'été. En attendant, il faut absolument que j'obtiennes une méthode qui fonctionne d'ici les trois prochaines semaines. En effet, je partirai à Dublin le week-end du 24-25 avril pour trouver un appartement et le 1 mai, je loue un van et je prend le ferry (déjà réservé) de Cork à Roscoff pour faire le déménagement avec Jeff.

En attendant, je profites tout de même un peu de cette charmante petite ville de St Andrews. Le temps n'est pas toujours au beau fixe, mais maintenant que les températures dépassent les 5 °C, cela n'a rien de bien différent avec le long hiver roscovite…la civilisation en plus! Je fais mes courses tous les samedi matin, en profitant des petits commerçants, et comme je l'avais bien pressentie à mon arrivée, tout particulièrement chez le traiteur italien et le fromager. Les pâtes fraîches faites maison, le comté et la pâte de coing me permettent de compenser les dîners à bas prix de la famille chez qui je loge!! De toutes les familles écossaises , je crois que j'ai réussi à tomber chez la famille la plus avare et mesquine de St Andrews! Sans parlé du manque de respect et de considération…je ne suis même pas sûre qu'ils connaissent ces mots! Heureusement, je me suis très bien entendue avec l'italienne qui a également loué une chambre chez eux en février et mars. Nous avons très vite arrêté de parler en anglais entre nous à la maison pour ne plus parler qu'en italien pour partager notre constant étonnement et agacement du comportement de nos hôtes. A défaut de partager la culture écossaise avec la famille, cette situation aura au moins eu le mérite de me faire travailler mon italien!

Heureusement, l'ambiance au laboratoire est meilleure qu'à la maison et j'y ai noué plusieurs amitiés. J'ai également trouvé un nouveau groupe de 'tricoteuses': elles ne sont pas aussi assidues que le groupe de Roscoff puisque nous nous retrouvons dans un pub tous les mardi en sortant du travail pour à peine plus d'une heure de tricot. Mais cela me permet quand même de voir un peu de monde et de d'y dédier forcément un moment dans la semaine. Le deuxième rituel de la semaine est le 'music quizz'. Organisé par un ami de Beccy, une de mes amies du laboratoire, il s'agit d'équipes qui se réunissent au bar de l'association des étudiants de l'université (et oui, ici l'association des étudiants possède un bâtiment entier!) pour deviner l'interprète et le titre de 80 chansons à partir des 30 premières secondes de chaque morceaux s'enchainant les unes après les autres. Ce n'est pas toujours facile étant donné que le répertoire est strictement anglo-saxon voir parfois même exclusivement britannique: tout n'est pas arrivé jusqu'en France, ce qui n'est pas toujours une grande perte! Par contre le groupe d'amis avec lequel je me réuni est vraiment très accueillant, prêt à chanter en cœur la chanson connue de tous et la soirée est toujours l'occasion de beaucoup de rigolade!!

Je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de sortir de St Andrews. Il y a bien des bus qui permettent d'aller jusqu'aux divers villages de pêcheurs qui valent la peine d'être visités, mais j'avoue avoir pour l'instant surtout recherché le confort et la chaleur d'un café à l'ambiance très cosy qui cumule des canapés, l'accès à internet et des prises pour recharger son ordinateur et de très bons muffins et autres pâtisseries (notamment le 'caramel shortcake': un incontournable!).

lundi 1 février 2010

Janvier à St Andrews

Voici trois semaines que je suis à St Andrews. Je m'habitue mieux au froid qui dure dehors, qu'à la maison qui reste froide toute la journée (les propriétaires éteignent le chauffage de 10h-11h du matin jusqu'à 18h30, puis ensuite dès 23h00 environ jusqu'à 7h le lendemain matin…). Du coup, je passe volontiers mes journées entières au labo en semaine, et je m'échappe les weekends pour faire mes courses et profiter des cafés qui proposent internet gratuitement tant qu'on consomme! Le centre-ville est d'ailleurs très agréable: il y a de nombreux petits commerces, aussi bien des boutiques de vêtements, que des commerces de services et d'alimentation. J'ai trouvé un point presse qui vend Le Monde: il a un jour de retard, mais ça fait l'affaire étant donné que je l'achète qu'une fois par semaine. Ce matin, j'ai même fait l'aller-retour 'en ville' pour faire mes quelques courses: un tour chez le poissonnier/volailler/autre (il vend du cassoulet en boite made in France), un passage chez le primeur et enfin…le fromager!! Leur collection de fromage français est impressionnante: j'aurais été au paradis si un tel endroit avait existé à Charleston! Du coup, je me suis dit qu'un endroit qui vend tant et d'aussi bons fromages français devait aussi avoir de bons fromages anglais: j'ai choisit cette fois un assez bon cheddar, qui n'a rien à voir avec les versions sous vide et sans goût des supermarchés, et un fromage de lait de vache à pâte molle aux odeurs en provenance directe de la ferme: DE-LI-CIEUX!
Je commence également à bien connaitre mon chemin. Entre autre, j’ai trouvé un itinéraire plus ‘touristique’ pour me rendre au centre-ville : je passe par des petites rues très sympathiques, dont une qui est bordée par la rivière qui traverse la ville et qui sépare ainsi la route d’une série de jardins en escaliers. De nombreuses rues de ce quartier sont pavées de telle sorte qu’on se croirait parfois dans un petit village à l’esprit un peu médiéval! Quand le soleil et le ciel bleu sont en plus au rendez-vous, c’est vraiment charmant!

Dans la série des découvertes écossaises, j'ai eu droit à mon premier repas traditionnel écossais, organisé par le chef du labo à l’occasion de l’anniversaire de la naissance d’un poète écossais: le haggis accompagné de purée de pomme de terre et de purée de rutabaga. Pour ceux qui ne le savent pas, le haggis est fait d'abats de porc (foie, cœur et même poumons je crois) mélangé à des flocons d'avoine et quelques condiments, le tout enveloppé à l’origine dans de la panse de brebis (mais ce n’est plus le cas actuellement) et cuit soit à la vapeur soir au four. Ce n’est pas mauvais, mais cela n’a rien d’extraordinaire. Il y avait bien un peu de beurre à disposition pour agrémenter les purées, mais même avec ça elles étaient relativement fades et cela manquait de sauce qui aurait lié un peu le tout. Moi qui ne suis pas fan de whisky habituellement, j’ai trouvé le whisky que j’ai gouté (juste un petit verre) assez bon ; il faut dire que c’était du 12 ans d’âge ! Finalement, ce premier baptême de la cuisine écossaise n’était pas si difficile à passer : presque plus facile que de lire un extrait de poème du fameux auteur en écossais dans le texte !!
En ce qui concerne mon travail au labo, je fais de la mise au point d’appareil de mesure. Je crois que j’arrive à obtenir les conditions nécessaires pour faire mes mesures de production/respiration, mais il faut pour cela que je travaille dans la chambre froide à 9-10°C !! Comme si ça ne suffisait pas de me retrouver au nord de Roscoff !! A moins que ce soit un stage d’entrainement pour un post-doc en Norvège ou au Canada?? En tout cas, je sais que je n’ai pas apporté mes projets de tricot pour rien : quand je ne lis pas, je leur consacre d’ailleurs la plupart de mes soirées fourrée sous ma couette avec une tisane bien chaude !! Je crois que je serai bientôt prête à affronter de longues soirées d’hiver au fin-fond d’une campagne isolée, tant qu’il y a internet et que le facteur peut me livrer de quoi lire ou tricoter !! Au moins, je retrouve quelques belles lumière quand je vais chercher mes échantillons...pas aussi changeant qu'à Roscoff, mais ça vaut quand même le coup!

mardi 12 janvier 2010

St Andrews me voici!

Finalement, la neige a fini par fondre sur les pistes de l'aéroport de Dublin et mon avion a pu partir avec juste une petite demi-heure de retard! Même le trajet Edinbourgh-St Andrews n'a pas été ralenti par la neige et par contre, j'ai pu profiter du spectacle de la campagne écossaise toute blanche! Enfin, j'étais bien contente d'être enfin arrivée après ce voyage long et incertain. A St Andrews, je suis hébergée chez un couple (David and Shannon, et leur fils Gregory qui a 7 1/2 ans) qui loue une chambre avec salle-de-bain privative. C'était assez agréable samedi soir d'être attendue à l'arrivée et de savoir qu'un repas chaud m'attendait déjà sur le feu! D'ailleurs, tous les dîners sont compris dans le prix: je ne dîne pas avec eux, car ils dînent à l'heure anglaise (17h30-18h), ce qui est beaucoup trop tôt pour moi, mais cela ne leur pose aucun problème: je n'ai qu'à réchauffer mon repas à l'heure qui me convient!! J'avoue que cela me convient assez bien: je m'occupe de me préparer mon déjeuner que j'apporte au labo et le soir, tout est prêt, même si je rentre tard du travail! Le dimanche, j'ai pu aller faire un premier repérage en ville: il y a deux rues principales où se trouvent les commerces et quelques restaurants/pubs/snacks ainsi que les quelques monuments historiques qui datent essentiellement du Moyen Âge. J'ai aussi repéré un fromager (l'odeur était au rendez-vous), un chocolatier et un traiteur italien au cas où j'aurai besoin d'un ravitaillement anti-'coup-de-blues'! Par contre il parait que le magasin de tricot va bientôt fermer; je ne l'ai pas encore trouvé mais il faut que je me dépêche d'aller y faire un tour! Après ce petit tour dans le froid, je me suis réfugiée dans un pub avec un thé bien chaud et mon tricot pour le reste de l'après-midi! C'est vrai que les pubs ont quelque chose d'accueillant et de confortable qu'il n'y a pas dans les cafés en France: j'avais plus l'impression d'être dans un salon que dans un bar. Le soir, je suis rentrée chez 'chez moi' et là j'ai pu continuer à tricoter dans un mini salon avec le chat de la maison, Lily, sur mes genoux pour bien me tenir chaud: je suis épatée qu'elle m'ait si vite adoptée!!

samedi 9 janvier 2010

Réveil dublinois sous la neige

La météo l'annonçait:
Dublin se réveille aujourd'hui complètement sous la neige! Ceci pourrait être très sympa si l'aéroport était épargné, mais pour l'instant je ne sais pas si mon avion décollera pour Edinbourgh cette après-midi!